Le "risque" de récession
Par Ricardo Cherenti, dimanche 24 août 2008 à :: Je vous écris depuis ma chambre :: #96 :: rss
Jean-Claude Trichet est inquiet
L'Europe tremble. Nous serions au bord de la récession!
Jean-Claude Trichet se dit inquiet.
Le 1er Ministre anglais est au bord du gouffre!
Zapatero est en grande difficulté.
Faut-il avoir peur?
Le PIB (Produit Intérieur Brut) est un drôle de thermomètre. C'est un instrument de mesure de la croissance économique que certains voudraient également faire passer pour un instrument de la mesure du bien-être de notre société.
Dès lors, dès que le PIB ralentit sa croissance (car contrairement à ce que l'on dit, nous ne sommes pas en récession, mais bien dans un ralentissement de croissance), on laisse à penser à l'opinion publique que leur bien-être est en danger et, bien entendu, il faut alors tout faire pour "relancer la machine". Ce "tout faire" comprend généralement tout "ce qui est bon" pour le bien-être des individus, comme par exemple le gèle des salaires ou la baisse des impôts des sociétés... une politique de rigueur, car lorsque tout va mal (le PIB étant présenté comme l'équivalent - en caricaturant un peu- de presque tout) il est bien naturel que "tout le monde" (il faut lire ici "la majorité des citoyens" et non tout le monde) doit accepter des sacrifices, qu'ils soient civiles, politiques, sociaux ou économiques.
Et généralement, dans des moments aussi difficiles pour la croissance du pays, nous sommes censés nous en remettre à la parole des experts qui vont nous dire pourquoi la vie est difficile et pourquoi il faut réduire la consommation de l'Etat.
Le fait est cependant que le PIB ne mesure pas le bien-être. Loin s'en faut. (Même l'OCDE le dit)
Et de plus en plus, en période de croissance forte, les individus se sentent de moins en moins "heureux", selon les statistiques (cfr statistiques de la mesure du bonheur). Il n'y a donc pas adéquation entre l'instrument et ce qu'il est sensé représenté.
Allons même plus loin. Dans cette étrange maladie qu'est la baisse de croissance, c'est le seul fait de regarder le thermomètre qui donne la fièvre. Etrange, n'est-ce pas?
Le thermomètre ne mesurerait pas la fièvre, il la donnerait!
Mais alors? Que mesure ce thermomètre? Clairement, il mesure juste la somme des échanges financiers dans un espace et à un moment donné. Rien de moins et rien de plus.
Ainsi par exemple, pour le PIB, une catastrophe naturelle, des accidents de la route, un pétrolier qui répand sa cargaison en mer, une tempête,... sont d'excellentes nouvelles car cela permet une croissance des échanges financiers, ne serait-ce, par exemple, que pour dépolluer la mer.
Il n'y a aucun lien entre l'instrument de mesure et le bien-être de la population. Par contre, il y a un lien évident entre le PIB et une volonté politique.
Dans ces conditions, est-ce si grave de voir la croissance ralentir?
En soi, la croissance ne veut rien dire. Le PIB est un instrument politique qui cache son nom et qui ne mesure que des flux financiers. Dès lors, il est difficile de voir si le ralentissement, dans le cas présent, veut dire diminution de bien-être ou non.
Ce que nous devons exiger de mettre en place à tout prix dans nos sociétés, c'est un instrument de mesure du bien-être de la société. Instrument indispensable. Et il faut pour cela se baser sur des études qui se feraient autour d'un débat démocratique (contrairement à ce qui fut fait pour le PIB).
Alors, et alors seulement, on sera en mesure de vérifier si le ralentissement de la croissance est un problème pour la société ou un simple aléa dont finalement nous avons peu à faire.
Commentaires
1. Le dimanche 24 août 2008 à , par canardinette
2. Le dimanche 24 août 2008 à , par Ricardo
3. Le lundi 25 août 2008 à , par Aurore
4. Le dimanche 5 octobre 2008 à , par Christine...
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