Voilà qui anime toute les discussions depuis quelques semaines: il faut aider le Tibet à se libérer de la Chine.
Bien sûr qu'il faut que la Chine mette un terme à son occupation du Tibet et lui accorde son autonomie (le Tibet ne revendique pas l'indépendance mais bien l'autonomie).

Voilà aussi un leitmotiv obsessionnel: Il faut se battre pour la démocratie en chine.
Bien entendu qu'il faut revendiquer plus de démocratie pour les chinois. Mais, bien entendu aussi (c'est rarement dit) il faut revendiquer un Tibet démocratique. Car, on semble oublier que le Tibet n'est pas une démocratie (ne l'était pas avant l'occupation chinoise) mais une théocratie. Certes, pacifique, mais rétrograde et moyen-âgeuse.

"Il faut soutenir le Dalaï Lama" peut-on lire sur certains slogans. Financièrement, celui-ci est largement soutenu par les Etats-unis. Et en remerciement, il rend grâce... "les USA sont les champions de la démocratie et de la liberté".

"Il faut que les droits de l'Homme gagne ces jeux", a-t-on entendu.
Bien entendu qu'il faut faire gagner partout les droits de l'Homme... PARTOUT. Y compris chez nous. Y compris sous nos yeux.


Puis, j'ai entendu dire qu'on ne devait pas s'en prendre au sport. Que les J.O. n'ont rien de politique. Qu'il ne faut pas mélanger les genres.
Pour ma part, il me semble que ce qui concerne une affaires publiques (quelle qu'elle soit d'ailleurs) relève bien de la politique. Il ne s'agit pas ici de deux sportifs qui décident d'aller faire un jogging le dimanche matin dans les bois. On parle d'aller aux J.O. (avec des deniers publics) pour y représenter une nation. Cela ne relève pas d'une décision privée. C'est bien une décision politique! Sauf alors à considérer que plus rien n'est politique!

La preuve qu'il s'agit bien de politique: lorsqu'un Etat n'écoute pas la voix de la population sur des valeurs éthiques, les gens descendent dans la rue pour se faire entendre. Ils veulent exprimer là une opinion politique. Ils quittent leur individualisme forcené (qu'on leur reproche de plus en plus) pour endosser un rôle collectif, un rôle politique. Ce n'est pas si courant.
Il ne faut dès lors pas se tromper dans l'analyse... les gens ne sentent pas à l'aise dans l'idée politique de ces J.O. parce qu'ils sentent qu'on ne respecte pas des valeurs qui leur paraissent essentielles et ils le font savoir. Notamment lors du parcours de la flamme olympique en chahutant, en manifestant, en exprimant une... "colère saine". Et ils l'ont si bien fait que la flamme elle-même, semble-t-il, a eu peur... et a décidé de prendre le bus pour se protéger.

Les hommes politiques doivent prendre la mesure de cet acte civique. Il y a là comme un message d'alerte. Les gens ne sont pas prêt à tout accepter. Quand on touche à une valeur forte, il peut y avoir une réaction forte.
C'est une alerte dans le sens où il se pourrait que si l'on condamne Monsieur et Madame tout le monde à des rôles secondaires, ils risquent de revenir en force réclamer la primauté de leur rôle démocratique.
A l'heure où les gouvernements européens, un peu partout, songent à des réformes des secteurs sociaux, il se pourrait qu'il y ait une réponse... politique populaire (dans le bon sens du terme) d'envergure, car on toucherait alors à des valeurs fortes.

La France, terre des droits de l'Homme, a quand même déployé 3.000 policiers pour contenir et, quelque fois, malmener des manifestants pacifiques qui ont eu le tort de hisser le drapeau du Tibet. Certes, Cela ne fait pas bien devant l'ambassadeur de Chine à Paris, lequel, bon joueur, à invité les français à se rendre à Pékin pour les J.O. et, il n'y a pas de petits profits, en a profiter pour remercier Coca-cola (un des sponsors officiel de Pékin).