Elections municipales en France
Par Ricardo Cherenti, lundi 17 mars 2008 à :: Je vous écris depuis ma chambre :: #74 :: rss
A méditer
Est-ce que la gauche l'emporte? Est-ce que la droite perd?
Cela semble hélas bien plus compliqué que cela. Je dis "hélas" car on y verrait plus clair si les choses étaient aussi simplistes.
La bonne nouvelle en France, c'est la quasi disparition de l'extrême-droite.
Les communistes ne sont plus trop présents non plus.
Les verts n'ont pas marqué les esprits.
Quant aux centristes, ils ont subit une "belle" défaite.
Le paysage politique semble dès lors s'organiser en deux seuls pôles: UMP et PS.
Ajoutons qu'au sein de l'UMP, même si beaucoup commencent à se plaindre de Sarkozy, peu (très peu) osent vraiment l'affronter... ou même ouvertement le critiquer. Dès lors, on a un parti très clairement enfermé derrière une seule voix.
Côté PS, ce qui de prime abord semble beaucoup plus sympathique: la diversité des opinions émises, la diversité des personnalités qui s'expriment, la diversité des prises de position,... fait également sa plus grande faiblesse. Pas de rassemblement possible autour de ce "tout" si mal organisé qu'il ne ressemble plus qu'à "rien".
Deux partis donc. L'un "hyper-unifié", l'autre "hyper-désorganisé".
Mais chez les deux, un programme qui tend vers le rassemblement de tous. Et pour rassembler le plus possible, ils visent un hypothétique centre, créant le mécontentement du plus grand nombre qui ne se retrouve ni chez les uns, ni chez les autres.
Le problème qui surgit dans un contexte politique aussi dual est un problème démocratique. Prenons un exemple: que peuvent faire les mécontent de la politique actuelle du PS?
Ils ne vont quand même pas voter à droite parce qu'ils sont mécontent d'un parti qui penche trop à droite à leur estime!
Ils ne peuvent pas non plus choisir un parti alternatif (encore faudrait-il en trouver un) qui ne pourrait pas porter leur voix.
Et ils ne peuvent pas (dans le système actuel ce n'est pas prévu) sanctionner des personnes au sein du parti parce qu'ils estimeraient que ces personnes ne sont pas assez concentrer sur des valeurs qui leur sont propres (la plupart ont un programme partagé autour d'un "centre").
Les voilà donc contraint soit de ne pas voter ou soit alors de voter pour leur parti et ainsi conforter ce contre quoi ils souhaitent exprimer leur mécontentement.
Cet exemple est bien évidemment valable pour l'UMP.
La démocratie n'est pas gagnante à ce "jeu"!
La société doit se construire des alternatives démocratiques sérieuses pour que chacun puisse exprimer clairement, sans ambiguïté, ses volontés politiques... et lors des élections, et dans des débats publics plus réguliers, et au sein des partis politiques.
On ne peut jamais construire une société harmonieuse en évitant le véritable conflit d'opinion. Or, il semble fort que ce soit cette divergence des opinions et des valeurs qui est en train de disparaître de notre horizon politique. Il faut comprendre que ce sont là des atouts majeurs en démocratie: la diversité, le conflit verbal (la bagarre entre Don Camillo et Peponne), la dispute sur des valeurs, sur une façon d'envisager le monde,... Et c'est cette antagonisme sain qui permet à tout un chacun de se créer une identité politique qui est engageante.
Soyons attentif de ce retour aux oppositions.
Commentaires
1. Le mardi 25 mars 2008 à , par Christine...
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