La poésie est quelque fois une flagellation savoureuse à ceux qui savent goûter la virulence des mots. Si ces mots titillent nos sentiments, s'ils fouettent nos niaiseries, s'ils gifflent nos lâchetés, s'ils cassent abruptement nos engrenages mentaux, s'ils magnifient les misères que l'on rencontre un peu partout et enfin s'ils peuvent éveiller nos consciences endormies, la poésie est une chance que l'on saisit ... ou que l'on ne saisit pas.

"La vie c'est comme une dent
D'abord on y a pas pensé
On s'est contenté de mâcher
Et puis ça se gâte soudain
Ca vous fait mal, et on y tient
Et on la soigne et les soucis
Et pour qu'on soit vraiment guéri
Il faut vous l'arracher, la vie."
Boris Vian



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"Toutes les opinions sur la nature qui ont cours
n'ont jamais fait pousser une herbe ou naître une fleur."
Fernando Pessoa



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La poésie contemporaine ne chante plus ... Elle rampe Elle a cependant le privilège de la distinction... Elle ne fréquente pas les mots mal famés ... elle les ignore On ne prend les mots qu'avec des gants: à "menstruel" on préfère "périodique", et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux qui ne doivent pas sortir des laboratoires ou du Codex. Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n'employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu'ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain. Ce n'est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse. Ce n'est pas le mot qui fait la poésie, c'est la poésie qui illustre le mot (...).
Léo Ferré

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"On a tous regardé mon grand frère sans papiers
On a rêvé tous les mélanges
Je n'aurais jamais parié qu'un jour on t'dirait qu'tu déranges
Voici l'heure, ma grande gueule
De faire taire ton honneur
Toi qui portais la tête haute
T'apprendras tes chaussures par coeur
Les flics du métro savent ta faute

Imagine si Majid s'en va
Et nos rêves qui donc les boira?"
Loïc Lantoine



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"A partir d'aujourd'hui je n'attends plus la bonne fortune: la bonne fortune c'est moi!
J'ai fini de me plaindre, j'ai fini de tergiverser, j'ai fini d'avoir besoin de ceci ou cela
Terminé le petit monde des récriminations, des bibliothèques, des critiques chagrines
Sans faiblesse ni grief, j'avance à découvert sur la piste.
Pour moi, la terre me suffit (...)".
Walt Whitman



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"Souviens-toi que le temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup! c'est la loi.
Le jour décroît; la nuit augmente; souviens-toi!
Le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard
Où l'auguste Vertu, ton épouse encore vierge,
Où le repentir même (oh! la dernière auberge!),
Où tout te dira: Meurs, vieux lâche! il est trop tard!"
Baudelaire


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Jour de lessive
"Je suis parti ce matin même,
Encor soûl de la nuit mais pris
Comme d'écœurement suprême,
Crachant mes adieux à Paris ...
Et me voilà, ma bonne femme,
Oui, foutu comme quatre sous ...
Mon linge est sale aussi mon âme ...
Me voilà chez nous!

Ma pauvre mère est en lessive ...
Maman, Maman,
Maman, ton mauvais gâs arrive
Au bon moment! ...

Voici ce linge où goutta maintes
Et maintes fois un vin amer,
Où des garces aux lèvres peintes
Ont torché leurs bouches d'enfer ...
Et voici mon âme, plus grise
Des mêmes souillures - hélas!
Que le plastron de ma chemise
Gris, rose et lilas ...

Au fond du cuvier, où l'on sème,
Parmi l'eau, la cendre du four,
Que tout mon linge de bohème
Repose durant tout un jour ...
Et qu'enfin mon âme, pareille
A ce déballage attristant,
Parmi ton âme - à bonne vieille !
Repose un instant ...

Tout comme le linge confie
Sa honte à la douceur de l'eau,
Quand je t'aurai conté ma vie
Malheureuse d'affreux salaud,
Ainsi qu'on rince à la fontaine
Le linge au sortir du cuvier,
Mère, arrose mon âme en peine
D'un peu de pitié !

Et, lorsque tu viendras étendre
Le linge d'iris parfumé,
Tout blanc parmi la blancheur tendre
De la haie où fleurit le Mai,
Je veux voir mon âme, encor pure
En dépit de son long sommeil
Dans la douleur et dans l'ordure,
Revivre au Soleil! ..."
Gaston Couté

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Lisez de la poésie! La vie n'en sera que plus belle, plus "forte", plus juste aussi, et le monde plus coloré.
Ouvrez un livre de poésie et lisez une page, même au hasard, et inévitablement quelque chose se passera.
Lorsque la poésie prend place en vous, les mots deviennent une passion et la passion vous livre ses secrets. Derrière chaque mot se cache des idées. Derrière chaque idée il y a un désir.
J'ouvre un livre de poésie et je lis ... et le monde s'ouvre.